Le marché immobilier américain s’est assaini

La part de ménages insolvables est retombée à son niveau d’avant-crise…San-Francisco06

Après cinq ans de diète, les Américains se remettent enfin à emprunter.

Pour la première fois depuis la grande récession, les fonds qui leur sont prêtés sont repartis à la hausse au dernier trimestre, selon la Réserve fédérale. Doit-on craindre un retour aux pratiques d’avant-crise, où les banques accordaient des liquidités très supérieures à ce que les ménages pouvaient se permettre ?
Si les prêts étudiants suscitent une réelle inquiétude, pour l’heure le marché hypothécaire semble, lui, hors de danger. Certes, les emprunts immobiliers ont gonflé de 150 milliards de dollars au dernier trimestre (+ 1,9 %), mais les mauvais dossiers sont devenus rares.

La part de ménages insolvables est retombée à son niveau d’avant-crise, soit environ 1,5 %.
Les Américains n’ont visiblement plus le goût du surendettement, en tout cas dans l’immobilier. Les mensualités qu’ils doivent rembourser à leurs banques ne représentent, en moyenne, que 20 % de leur salaire mensuel. C’est inférieur à la moyenne constatée depuis vingt-cinq ans (24 %) et, évidemment, très en deçà des pics observés en 2006.

Les banques n’y sont pas pour rien : pressées par les régulateurs, elles se retirent progressivement du marché, ne conservant que les dossiers financiers les plus solides. Morgan Stanley, Bank of America, Goldman Sachs, notamment,vendent leurs activités à des institutions non bancaires, tels Ocwen et NationStar. Au total, près de 1.000 milliards de prêts sont ainsi passés des mains des banques vers d’autres institutions, l’an dernier. Ces dernières détiennent 30 % du marché, contre 17 % il y a encore un an. Les régulateurs ne le voient pas forcément d’un bon oeil : ces institutions ne sont pas soumises aux mêmes contraintes de capital que les banques. Elles seraient donc moins bien armées pour affronter une nouvelle bulle immobilière.