Islande : les dettes immobilières des ménages en cours d’annulation

L’Islande a annoncé avoir démarré avec succès le processus d’annulation d’une partie des dettes des emprunteurs immobiliers.

Annoncé en décembre 2013, le plan visant à effacer partiellement les dettes immobilières des ménages islandais vient d’entrer en vigueur.

Hier, le fisc islandais a ouvert un site internet dédié, leidretting.is, sur lequel les Islandais doivent déposer leur dossier. Résultat : 5.000 dossiers déposés en 2 heures, selon quotidien Frettabladid.

La mesure-phare est la réduction du capital de la dette pour les ménages ayant contracté un emprunt immobilier indexé sur l’inflation (la grande majorité des cas), sans conditions de revenus. Cet allègement de dettes, qui dépend du montant emprunté, est plafonné à 4 millions de couronnes, soit près de 26.000 euros.

Promesse électorale du Parti du progrès (centriste), du Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, victorieux aux législatives d’avril 2013 avec son allié conservateur, le Parti de l’indépendance, ce plan permettant aux emprunteurs de demander cette annulation, entièrement financée par l’État, a été adopté la semaine dernière par le Parlement islandais. Le gouvernement estime que qu’il s’appliquera à environ 69.000 ménages sur les 124.000 que compte le pays. En moyenne, les emprunteurs peuvent prétendre à 1,1 million de couronnes (7.100 euros).

En Islande avant l’effondrement du système financier en 2008, les banques ne proposaient pratiquement que des emprunts indexés sur l’inflation. Or la crise traversée par ce pays a eu pour conséquences, entre autres, de faire grimper l’inflation du fait de la faiblesse de la couronne islandaise et donc, les dettes des ménages. En 2012, 36,7 % d’entre eux affirmaient boucler leur budget mensuel « avec difficulté » et 11,5 % « avec grande difficulté ».

Le plan a toutefois suscité de vastes polémiques en Islande et ailleurs, de la part du Fonds monétaire international, de l’OCDE et de l’agence de notation Standard and Poor’s, à cause de son coût élevé et de ses retombées économiques incertaines.

Extrait d’un article paru sur le nouvel observateur / mai 2014